Pourquoi viser une salle de bain zéro déchet ?
La salle de bain est l’un des endroits du foyer où les déchets s’accumulent le plus vite : flacons en plastique, cotons jetables, rasoirs à usage unique, emballages de gel douche, échantillons, lingettes… À l’échelle d’un foyer, cela représente des kilos de déchets chaque année, souvent non recyclés et difficilement valorisables.
Opter pour une routine beauté plus éthique ne signifie pas renoncer au confort ni au plaisir des cosmétiques. Il s’agit plutôt de repenser ses habitudes, de privilégier des formules plus simples, des matériaux durables et des marques engagées, souvent françaises, qui travaillent déjà sur ces enjeux. Le passage à une salle de bain zéro déchet se fait rarement du jour au lendemain : l’important est de progresser par étapes, en remplaçant chaque produit à mesure qu’il se termine.
Remplacer les gels douche par des savons solides
C’est l’un des gestes les plus accessibles : troquer le flacon de gel douche en plastique contre un savon solide surgras. Les savons saponifiés à froid, souvent fabriqués en France en petites savonneries artisanales, présentent plusieurs avantages : moins d’emballage, une composition plus courte, et souvent des ingrédients biologiques ou d’origine naturelle.
Pour aller vers une approche zéro déchet, privilégiez :
- Les savons vendus nus ou emballés dans du papier recyclé ou compostable.
- Les formules sans huile de palme, à base d’huiles végétales locales (olive, tournesol, colza, parfois chanvre ou cameline).
- Les marques transparentes sur l’origine des ingrédients et la méthode de fabrication (saponification à froid, fabrication artisanale).
Ce changement semble anodin, mais il permet de réduire considérablement le nombre de bouteilles en plastique qui sortent de la salle de bain chaque année.
Adopter les shampoings et après-shampoings solides
Même logique pour les cheveux : les shampoings solides se sont imposés ces dernières années dans l’offre des marques françaises, des grandes enseignes bio aux petits ateliers indépendants. Ils concentrent les agents lavants et actifs dans un galet compact, souvent équivalant à deux ou trois flacons de shampoing liquide.
Pour une démarche réellement éthique :
- Vérifiez la présence de tensioactifs doux et biodégradables (notamment pour les cuirs chevelus sensibles).
- Choisissez des shampoings adaptés à votre type de cheveux pour éviter le gaspillage (chute, pellicules, cheveux colorés, bouclés, etc.).
- Complétez avec un après-shampoing solide si nécessaire, qui évite lui aussi les conditionnements plastiques.
Un simple porte-savon aéré permettra de faire durer ces produits plus longtemps, limitant encore davantage l’empreinte environnementale.
Passer aux déodorants zéro déchet
Les déodorants conventionnels cumulent emballages plastiques, sels d’aluminium pour certains, gaz propulseurs lorsqu’il s’agit de sprays… Les déodorants zéro déchet se présentent sous plusieurs formes : baumes en pot en verre, sticks rechargeables, ou galets solides à humidifier avant application.
Pour un choix cohérent avec une salle de bain zéro déchet, il est pertinent de privilégier :
- Les contenants en verre ou en métal, réutilisables ou recyclables.
- Les formules sans sels d’aluminium, avec des ingrédients simples (bicarbonate, huiles végétales, beurre de karité, amidons, huiles essentielles si vous les tolérez).
- Les marques françaises qui proposent un système de recharge, afin de limiter encore davantage les déchets.
Certains déodorants solides sont particulièrement minimalistes : une simple pierre d’alun naturelle ou des formules sans parfum pour les peaux très sensibles.
Préférer les cosmétiques en format recharge ou vrac
Si certains produits restent plus pratiques en version liquide (lotion, huile démaquillante, gel intime, etc.), le passage au zéro déchet peut passer par un changement de format plutôt que par un abandon total du flacon. Plusieurs marques de cosmétiques françaises proposent désormais des recharges en éco-pack (poches souples, sachets compostables, bouteilles consignées).
Les gestes possibles :
- Investir dans un flacon pompe de qualité (verre ou inox) à remplir avec des recharges.
- Privilégier les magasins qui proposent du vrac liquide (savons, shampoings, gels lavants) et venir avec ses propres contenants.
- Choisir des marques qui récupèrent ou consignent leurs contenants en verre, pour les réutiliser plutôt que les recycler.
Ce modèle, déjà bien installé pour l’alimentaire, se déploie peu à peu sur le secteur de l’hygiène-beauté, souvent porté par des entreprises locales.
Remplacer les cotons jetables par des disques lavables
Les disques de coton jetables sont l’un des symboles des habitudes linéaires de la salle de bain : produits, utilisés une seule fois, puis jetés. Les alternatives lavables se sont largement démocratisées, notamment grâce à de petites marques françaises de couture ou de upcycling textile.
Pour un changement durable :
- Choisissez des disques ou lingettes lavables en coton bio, bambou ou eucalyptus, si possible certifiés.
- Optez pour des couleurs claires si vous utilisez beaucoup de maquillage, afin de surveiller l’état de propreté après lavage.
- Prévoyez une pochette de lavage pour les passer en machine sans les perdre.
Ce geste, très simple à adopter, permet de limiter drastiquement les déchets et les emballages associés aux disques classiques. De nombreux ateliers français proposent aussi des versions réalisées à partir de chutes de tissus.
Troquer les rasoirs jetables pour des rasoirs de sûreté
Les rasoirs à usage unique ou à têtes jetables font partie des déchets récurrents dans la salle de bain. L’alternative la plus durable reste le rasoir de sûreté, un objet en métal souvent garanti de longues années, où seule la lame, en acier, est remplacée.
Là encore, des marques françaises ou européennes se distinguent, avec des modèles ergonomiques, parfois fabriqués en petites séries. Pour s’équiper de façon responsable :
- Privilégiez un rasoir en inox ou en métal résistant, avec un manche solide et, si possible, réparable.
- Apprenez les gestes d’utilisation, légèrement différents d’un rasoir jetable, pour éviter les irritations.
- Recyclez les lames usagées dans un petit récipient métallique fermé, à déposer ensuite en déchetterie si un point de collecte existe dans votre région.
Ce changement réduit non seulement les déchets plastiques, mais aussi le coût à long terme du rasage ou de l’épilation.
Intégrer les brosses à dents et brossettes durables
Les brosses à dents en plastique représentent, elles aussi, un volume non négligeable de déchets annuels. L’offre s’est diversifiée : manches en bambou, brosses à tête rechargeable, brossettes compatibles avec les brosses à dents électriques, souvent développées par des start-ups françaises engagées.
Pour aller vers une approche plus éthique :
- Adoptez une brosse à dents à tête interchangeable : seul l’embout se change, le manche reste.
- Si vous préférez le bambou, vérifiez la provenance du matériau et les conditions de fabrication.
- Renseignez-vous sur les filières de recyclage proposées par certaines marques, qui collectent les têtes usagées.
Des dentifrices solides ou en pastilles, parfois conditionnés dans des bocaux en verre, complètent cette dynamique zéro déchet dans l’hygiène bucco-dentaire.
Réduire le maquillage superflu et privilégier les formats minimalistes
Le maquillage peut très vite multiplier les contenants et les emballages : fonds de teint, poudres, palettes, rouges à lèvres, mascaras… Vers une salle de bain plus responsable, l’idée n’est pas forcément de renoncer au maquillage, mais de rationaliser la trousse et d’opter pour des formats durables.
Les pistes d’évolution :
- Constituer une « garde-robe » maquillage minimaliste : quelques teintes polyvalentes de rouge à lèvres, une palette rechargeable, un fond de teint ou une BB crème bien choisis.
- Favoriser les marques françaises qui proposent des systèmes de recharge pour les poudres, fards à paupières et rouges à lèvres.
- Privilégier les contenants en métal ou en verre, plus facilement recyclables, voire réutilisables.
Cette démarche invite à acheter moins, mais mieux, en cherchant des produits à la fois efficaces, bien formulés et pensés pour durer dans le temps.
Choisir des accessoires durables et réparables
Au-delà des produits eux-mêmes, la salle de bain regorge d’accessoires : brosses à cheveux, éponges, gants de toilette, recourbe-cils, coupe-ongles… Là aussi, le choix des matériaux et la qualité de fabrication font la différence.
Pour rendre cet univers plus éthique :
- Opter pour des brosses à cheveux en bois et poils naturels ou végétaux, fabriquées dans des ateliers français ou européens.
- Privilégier les gants et éponges lavables, en coton bio, lin ou fibres naturelles.
- Choisir des instruments de manucure en métal de bonne qualité, affûtables et réparables si nécessaire.
Ce sont des investissements que l’on fait rarement, mais qui, dans une logique zéro déchet, prennent tout leur sens : un objet bien conçu, entretenu et gardé plusieurs années évite une succession d’achats impulsifs et peu durables.
Adopter une approche globale et progressive de la routine beauté
La transformation de la salle de bain vers le zéro déchet ne se limite pas à une liste de produits alternatifs. Il s’agit d’une approche globale, qui questionne à la fois la quantité, la fréquence d’utilisation, l’origine des ingrédients et les conditions de production.
Pour rester cohérent et éviter de tomber dans une surconsommation de « produits écolos », quelques repères peuvent guider la démarche :
- Finir d’abord ses produits actuels avant de les remplacer, pour ne pas gaspiller.
- Se fixer un ou deux changements par mois, plutôt que de vouloir tout transformer en même temps.
- Privilégier les marques françaises ou locales qui communiquent clairement sur leurs engagements environnementaux et sociaux.
- Lire les listes d’ingrédients pour écarter les formulations jugées superflues ou trop complexes.
- Se poser régulièrement la question : « Ai-je vraiment besoin de ce nouveau produit ? »
Au fil du temps, cette progression transforme non seulement l’esthétique de la salle de bain – plus épurée, moins saturée de plastique – mais aussi la relation aux gestes de soin. La routine beauté devient plus consciente, recentrée sur l’essentiel et alignée avec des valeurs environnementales et sociales.
